Dans la ville natale d’Hergé, l’empreinte du reporter est omniprésente. Suivons la piste.
Gare de Bruxelles-Midi, terminus du Thalys, tout le monde descend. Alors qu’on sort vers la place Horta, on croise déjà Tintin, filant bon train à flanc de galerie. Célébrant le centième anniversaire de la naissance d’Hergé, en 2007, cette fresque en noir et blanc met d’emblée sur les rails de la « ligue claire », le fameux trait qui fit école
Le reporter à la houppe est sans conteste le Bruxellois le plus célèbre du monde. Pas étonnant que l’emblème des éditions du Lombard, à quelques pas, face à la tour du Midi, soit devenu l’un des symboles de la capitale belge. Levez les yeux vers le « Building Tintin », désormais classé monument historique : l’intrépide reporter et son fidèle compagnon Milou vous souhaite la bienvenue.
Le Secret de la Licorne
De ruelles pavées en immeubles Art nouveau, on peut consacrer la journée à pister les personnages de la saga et les lieux de leurs aventures. Rappelez-vous : « Il est vraiment très beau. J’ai envie de l’offrir au capitaine Haddock », s’extasie Tintin devant la maquette d’un trois-mâts, chiné aux puces.
C’est place du Jeu de balle qu’on perse Le Secret de la Licorne : chaque matin, plus de 500 stands y renouvellent leurs trésors – et multiplient les clins d’œil. Entre chapeaux melons et masques africains. Hergé affectionnait ce quartier des Marolles où il rendait visite à sa grand-mère. Elle résidait rue Terre-Neuve. Du non de la province canadienne, Terre-Neuve-et-Labrador… Voilà donc d’où vient la domiciliation fictive du héros : 26 rue du Labrador !
Tintin au Congo et L’Etoile mystérieuse
Et maintenant, tendez l’oreille : Hergé s’est amusé à recycler des expressions en brusseler, le dialecte local, pour inventer la langue syldave. « Eih benneck, eih blavek », la devise du royaume balkanique, sonne furieusement comme le flamand « Hier ben ik, hier blijf ik » (J’y suis, j’y reste).
Rue Haute, ce sont Quick et Flupke qui ornent un mur. Les espiègles gamins d’Hergé passent aussi la tête dans Tintin au Congo et L’Etoile mystérieuse. Voilà qui donne envie de jouer du pendule ! Rue de l’Etuve, une autre fresque : cette fois Haddock, Tintin et Milou sont plongés en pleine Affaire Tournesol…
Sceptre d’Ottokar
On prend ensuite de la hauteur jusqu’au parc de Bruxelles. Une allée déserte, la silhouette d’une statue grecque… Retrouvera-t-on en ces lieux la serviette du professeur Halambique, qu’il oublie ici au début du Sceptre d’Ottokar ?
Puis direction le musée du Cinquantenaire, dans le parc du même nom, où Hergé découvrir le modèle de son fétiche amazonien, toujours exposé aujourd’hui. On poursuit la visite par les salles consacrées à l’Amérique latine, qui conservent une momie Inca, source d’inspiration pour Rascar Capac !
Les 7 Boules de cristal
L’heure est venue de se restaurer. Pour trouver les meilleures frites de Bruxelles, engagez-vous dans la rue du Cornet pour atteindre la place Jourdan et la Maison Antoine ; s’il pleut, le bistrot Chez Bertrand sert volontiers d’annexe au kiosque. Les tintinophiles acharnés s’engouffrent dans le métro, jusqu’à Stockel, terminus de la ligne 1b. Les personnages de la saga d’Hergé animent deux immenses fresques.
Après la contemplation de cette farandole, retour vers le centre. On descend Place de Brouckère où la façade de l’Hôtel Métropole n’a rien perdu de la superbe qu’elle affiche dans Les 7 Boules de cristal : tout comme le théâtre royal de la Monnaie, à quelques pas.
Rue de la Colline, toute proche, on pousse la porte de la Boutique Tintin. La gérante n’est autre que la petite-fille de Tchang Tchong-Jen, grand ami d’Hergé et héros du Lotus bleu. Une case de plus et vous êtes sur la Grand-Place, tout en dentèle de pierre.
De là, on file à La Fleur en papier doré, estaminet où Hergé aimait boire en gueuze avec le peintre Magritte. Surréaliste jusqu’au bout, cette balade en bande dessinée…
Pour aller plus loin : L’Hôtel Amigo à Bruxelles, une nuit dans l’univers de Tintin












