Marseille ne s’explore pas, elle se découvre, quartier après quartier, comme on soulève des galets sur une plage pour voir ce qui s’y cache. Ici, chaque quartier a son accent, son rythme, ses légendes. Et certains ont même su conserver cette atmosphère de village, hors du temps et du tumulte. Balade au cœur d’une ville mosaïque, où l’on croise plus souvent un chat qui dort sur un muret qu’un feu rouge.
L’Estaque, l’entrée des artistes
Plus que le quartier qui « ouvre » Marseille côté ouest, L’Estaque est un village cerné par des collines de garrigue et de rocaille, et prisé des peintres.
Autour de la petite place Maleterre, du fort de Corbière et du port minuscule, des artistes du monde entier retrouvent aujourd’hui les traces de Braque, Dufy, Renoir et, surtout, Cézanne qui avait élu le lieu « plus beau paysage du monde ». Un délicieux parcours à étapes autour de panneaux d’émail raconte l’histoire de ce quartier populaire, des peintres, mais aussi des écrivains, Pagnol ou Zola, et des cinéastes comme Guédiguian, né à l’Estaque et qui y tourna Marius et Jeannette.
Son petit port encombré de barques colorées et de casiers où frétillent racasses et rougets, une pétanque sous les tilleuls, avant ou après une bouillabaisse…
Le panier aux merveilles
Le Panier est un musée à ciel ouvert : ses ruelles étroites, ses lieux culturels, ses artisans et créateurs… Le Panier est le plus vieux quartier de Marseille, et avec lui commence l’histoire de la ville.
Rue des Pistoles, des Repenties, montée des Accoules… Ces noms racontent déjà l’histoire, le peuple, les trafics et la joie de vivre. Sanctifié par les polars de Jean-Claude Izzo, le panier a inspiré les décors du Mistral, le quartier imaginaire marseillais de Plus belle la vie. Enchâssée entre le quai de droite du Vieux-Port et les quais de la Joliette, de ruelles en escaliers et de porches en petites places pavées, on s’y perd délicieusement.
Vauban, perché avec vue
À flanc de colline, Vauban regarde Marseille avec des airs de village perché. Sous l’ombre bienveillante de Notre-Dame de la Garde, on découvre un quartier tranquille, vivant, presque bohème. Les petites maisons en restanques, les escaliers secrets, les jardins partagés…
Ici, on respire. Les cafés comme Le Café de l’Abbaye ou les petites adresses du coin offrent une pause bienvenue, loin de l’agitation du centre. Et la vue ? Un panorama carte postale sur la ville, surtout au coucher du soleil.
Dolce Vita au Prado
Tout au bout de l’avenue du Prado, bordée de nobles villas aux jardins emplis d’essences tropicales, la plage du Prado est l’une des plus belles de la ville. C’est aussi le lieu où tout le monde se retrouve pour profiter d’un sable blanc et d’une eau limpide !
En fin de matinée, c’est sur le marché de la place Castellane, le plus grand de Marseille, qu’il faut venir vérifier que la Provence est un merveilleux jardin fruitier, et surtout écouter battre le cœur de la ville au rythme des galéjades et gestuelles à la Panisse qui enjolivent sans jamais mentir !
Coup de cœur à Endoume
A peine passé le quartier Saint-Victor et ses boutiques de luxe, côté gauche du Vieux-Port, s’ouvre la longue rue d’Endoume, bordée de hautes demeures bourgeoises, de théâtres, de squares et d’églises.
Une balade de quelques minutes vous mène dans un lieu dont Marseille a le secret : le vallon des Auffres, le port miniature d’Endoume, dominé par un viaduc sous lequel les « pointus » se balancent entre deux pêches près des îles Daume et Degaby. Endoume, c’est aussi le creuset du foot marseillais, situé à deux pas du stade Vélodrome où niche, depuis un siècle, une part de l’âme marseillaise.
Mazargues, l’âme familiale
Souvent oublié des guides touristiques, Mazargues cultive une douceur de vivre discrète. Ce n’est pas le quartier qui fait la une des magazines, mais celui qu’on choisit pour y vivre. Une place ombragée, des boulangeries à l’ancienne, un marché de quartier… et ce sentiment d’appartenir à une communauté. Ici, tout le monde se connaît. Et c’est peut-être ça, la définition la plus fidèle d’un village.
Les Goudes, au bout du monde
Quand on dit que Marseille touche la nature, Les Goudes en est la preuve ultime. Au bout de la route qui longe la mer, ce petit port de pêche a tout du village de bout du monde.
Des cabanons posés à fleur d’eau, des barques échouées comme des histoires oubliées, des terrasses où l’on commande du pastis les pieds dans la poussière. On y vient pour randonner dans les calanques, plonger dans les criques, mais surtout pour goûter au temps ralenti, presque suspendu.












